Se poser les bonnes questions
Vous souhaitez maigrir, certes, mais pourquoi ? Pour une surcharge pondérale mineure, médium ou majeure ? Pour atteindre un poids idéal ? Mais lequel ? Celui qui correspond à votre organisme et votre rythme de vie, ou celui dicté par les diktats de la mode ?
On pourrait poursuivre à l’envi ces questionnements. Car, sous la formule anodine « je vais faire un régime pour perdre du poids », c’est souvent l’arbre qui cache la forêt. Désirer perdre 3 kg en 1 mois pour se sentir belle et séduisante dans un maillot de bain représente un objectif réaliste.
En revanche, s’obstiner à vouloir s’habiller en 38 alors que sa morphologie impose du 40 voire du 42 est un non sens. De même que se lancer dans un régime farfelu, qui promet une perte de 10 kg en 15 jours. Perdues d’avance, de telles entreprises peuvent aussi se révéler dramatiques pour la santé.
Le poids, une notion relative
Avant d’aborder la question même de l’utilité d’un régime, revenons donc sur quelques notions basiques. Le poids traduit l’équilibre entre les apports alimentaires et les dépenses énergétiques. Quand ces apports sont supérieurs aux besoins, le corps stocke une réserve de graisse. Logiquement, pour faire fondre ce stock, la majorité des régimes proposent de diminuer le contenu de votre assiette, tant en terme de calories que de quantité.
Reste qu’à taille et poids égaux, perdre des kilos ne signifie pas la même réalité d’un individu à l’autre. Car le chiffre qu’indique votre balance comprend bien le poids de la graisse mais aussi celui de l’eau, des muscles, des os, du sang, …. C’est donc moins le nombre de kilos à perdre qui importe mais plus le rapport poids/vitalité/bonne santé et le mode opératoire. Autrement dit : maigrir, oui, mais pas n’importe comment. Et pour longtemps.
Comment s’y prendre ?
D’abord en évitant de mener l’aventure en solo. Se faire accompagner par un médecin généraliste, un nutritionniste ou un diététicien est un atout gagnant. Le corps médical dispose d’informations et d’une expertise professionnelle indispensables pour rééquilibrer durablement votre poids. Par ailleurs, ils vont baliser votre chemin d’étapes intermédiaires dont la vocation est identique à celle toutes les épreuves sportives : faire un point, reprendre son souffle pour être certain de passer la ligne d’arrivée.
La première de ces étapes sera sans doute la tenue d’un carnet de bord alimentaire pendant quelques semaines. Le principe : noter au quotidien tout ce que l’on mange (écarts compris), à quelles heures, en quelles proportions et évaluer (en général de 1 à 4) le niveau de sa faim, puis de sa satiété. Une observation très instructive de ses habitudes alimentaires, que l’on peut même mener avant de consulter.
De même que le calcul de l’indice de masse corporel (IMC) qui évalue le poids médicalement « correct », c’est à dire celui qui pondère à la fois le poids actuel et la taille de l’individu.
Pour le calculer : divisez votre poids (en kg) par le produit (en m) de votre taille.
Par exemple : Pascale pèse 60 kg et mesure 1,65.
Son IMC = 60 / (1,65x1,65)
= 60 / 2,72
= 22,06
IMC situé entre 18,5 et 25 : poids correct
IMC situé entre 25 et 30 : vous êtes en surpoids
IMC situé au-delà de 30 : consultez votre médecin (30 indique le départ de l’obésité)
Cet état des lieux global servira ensuite de fil rouge à l’élaboration d’une méthode d’amaigrissement personnalisée. Qui passe nécessairement par un type de régime, une réorganisation de ses habitudes alimentaires, des réflexes minceur, un peu de sport. Et de la patience.
A savoir avant de commencer un régime …
- Il n’y a pas de recette miracle et beaucoup d’attrapes nigauds ! Fuyez une fois pour toute les régimes irréalistes et dangereux (un bon régime permet de perdre de 0,5 à 1 kg / semaine. Pas plus) ; ceux qui nécessitent de prendre de médicaments, des gélules ou des tisanes fantaisistes (à base de plantes exotiques mange-graisse par exemple !)
- On évalue la ration calorique quotidienne au niveau d’activité : 2000 calories/j pour un métier physique ; 1500 calories/j pour une activité normale (de bureau, en magasin, …).
- On accepte le paradoxe suivant : perdre du poids pour de bon, c’est accepter de prendre son temps. Pour que le corps ne fasse pas de résistance au régime. En effet, l’organisme conserve en mémoire chaque phase d’amaigrissement. Et plus elles sont rapides (donc intensives en terme de restrictions), plus le corps s’auto protège en allant puiser de plus en plus lentement dans les réserves graisseuses.
- On n’en fait pas une obsession : permettez-vous de temps à autre des petits excès ; ne vous désocialisez pas en refusant les invitations au restaurant ou chez des amis.
- On se fait aider : régime dissocié, hypocalorique, diète protéinée, substituts de repas, produits hyperprotéiques, …que choisir ? Demandez conseil à votre médecin qui sélectionnera la méthode qui répond le mieux à votre demande, à vos besoins, vos appétences alimentaires et votre mode de vie. Et évitez de faire un copié-collé du régime épatant de votre copain ou de votre meilleure amie.
… Et pendant
- La clé du succès : manger de tout ce qu’on aime, en quantité « raisonnable », c'est-à-dire en écoutant ses sensations de faim et de satiété. Quand on n’a plus faim, arrêter de manger même quand il reste un tout petit morceau de gâteau ou de tomate.
- Ne pas s’affamer, se priver ou sauter un repas quand on a fait un excès !
- Préférer manger en petites quantités plus souvent que de grosses quantités quand on n’a pas faim et uniquement par souci de régularité dans les prises alimentaires.
- Apprendre à gérer les « moments à risques » comme la fringale de 18h00 ou les apéritifs, par exemple en ayant sous la main des produits peu caloriques comme des galettes de riz, des condiments, des légumes crus, …
- Redécouvrir le rayon « frais » et faire le plein de produits de saison.
- Ne pas se resservir.
- Réduire les quantités. Pour vous aider à le faire, vous pouvez manger dans de plus petites assiettes.
- Se faire plaisir. Pour que les résultats de votre régime soient durables, il faut continuer de prendre plaisir à manger. Ce sont des nouvelles habitudes alimentaires qu’il faut chercher à mettre en place, non pas une privation et une frustration définitives.
- Faire la part belle aux saveurs (via les épices, les condiments, les herbes aromatiques) et avoir la main légère quand on sale, on sucre, on graisse.
- Manger lentement, en mastiquant pour que le cerveau enclenche la sensation de satiété (environ 10 à 15 minutes après le début du repas). Pour s’aider à y penser, on peut reposer ses couverts toutes les trois bouchées. Boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour.
- Reprendre une activité physique régulière. Marcher, faire du sport, ces activités permettent de retrouver des sensations physiques que l’on oublie un peu quand on mène une vie trop sédentaire. Et ces sensations sont importantes pour éprouver la faim et la satiété.